Tapisseries de l’époque de Charles Quint en rapport avec Bernard van Orley et Pierre-Ernest de Mansfeld.

Luxembourg 2020, ISBN : 978-2-9199636-0-7, prix : 28 €.

 

Les grandes tapisseries des Chasses de Maximilien au Musée du Louvre à Paris datent du milieu XVIe siècle. Malgré leur nom, il s’agit en réalité des chasses du petit-fils de Maximilien Ier, l’empereur Charles Quint. 

 

Le premier document connu renseignant sur la provenance de la tenture du Louvre, c’est l’inventaire de 1589  énumérant les possessions d’Henri Ier de Lorraine, IIIe duc de Guise (assassiné sur l’ordre du roi en 1588). Il n’est pas difficile de deviner comment ces précieuses tapisseries seraient passées du château La Fontaine, appartenant au gouverneur Pierre-Ernest de Mansfeld, à celui de Joinville, propriété de la famille de Guise.

 

Selon les témoignages, le comte de Mansfeld était en possession de nombreuses tentures et de cartons de tapisseries. En tant que fervent chasseur et collectionneur de motifs de chasse, il semble avoir possédé soit l’édition initiale des Chasses de Maximilien Ier, dessinée par Bernard d’Orley, soit la version plus élaborée du Louvre (ou furent repris les préparations de Van Orley dans un cadre différent et probablement agrandi). Les décors muraux aux motifs de chasses étaient attachés aux murs du palais La Fontaine « à la place (ou au lieu) de tapisseries ». Il se peut qu’au moment où, pour l’une ou l’autre raison, le comte dut se séparer de la tenture en question, il en ait fait copier les différentes scènes sur toile, qu’on fixait aux parois d’une salle de son château.

 

La supposition que le comte fût initialement le propriétaire de la tenture du Louvre permet un développement intrigant : Il faut commencer par expliquer comment celle-ci serait entrée en sa possession et, ensuite, comment elle fut acquise par les de Guise. Charles Quint pourrait avoir offert un tel cadeau à l’un de ses meilleurs capitaines pour s’assurer de sa fidélité.  Le prestige de la famille de Mansfeld et de ses premières épouses lui fut un appui essentiel dans son effort de rallier les princes allemands et néerlandais à sa cause, c’est-à-dire la défense du catholicisme. De plus, tous les deux, Charles et Pierre-Ernest, ayant été compagnons de chasse dans la forêt de Soignes (formant l’arrière-fond des tapisseries), Charles Quint savait que le comte apprécierait particulièrement un tel cadeau.

 

La suite se lit comme un roman policier...

 

et mène à la conclusion que le site de Clausen était initialement prévu à une implantation impériale.

 

 

 

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